Notalune

Comment vérifier que je lis les bonnes notes quand je travaille seul ?

Nommez les notes à voix haute avant de poser les doigts, confrontez-les à une source plus sûre que votre mémoire, puis refaites le même passage le lendemain sur la page nue. Ce soir, sur les mesures qui vous résistent : dites chaque nom à voix haute avant de jouer. Rien d'autre, et presque personne ne le fait quand personne ne regarde. À l'école, la dictée n'apprenait rien tant qu'on n'avait pas le corrigé. Travailler seul au piano, c'est écrire des dictées et ne jamais les faire corriger.

Dire les noms avant de poser les doigts

Sur un morceau à moitié connu, ce sont les doigts qui lisent à la place des yeux. Ils ont fait le passage vingt fois, ils y retournent seuls même quand le nom s'est effacé. Vous jouez juste, donc vous croyez lire.

Prenez le premier mouvement de la Sonate en do majeur K. 545 de Mozart, celle qu'on appelle la « Sonate facile », ce qui fait sourire quiconque l'a travaillée. La main gauche installe une basse d'Alberti, le même accord égrené en boucle. La main droite ouvre sur un arpège do mi sol, puis part en gammes. Ces gammes-là, les doigts les enchaînent seuls : la main sait où aller, l'œil n'a rien nommé. Arrêtez-vous en plein milieu et demandez-vous comment s'appelle la note sous le doigt. Le silence qui suit est une réponse.

Prononcer le nom avant que la touche descende sépare « je connais cette note » de « ma main l'a trouvée ». C'est lent, c'est un peu ridicule tout seul dans une pièce vide, et rien d'autre n'attrape l'erreur avant qu'elle passe dans les doigts. Faites-le là où vous hésitez, la main gauche, tout ce qui est en clé de fa.

Vérifier sans rien écrire sur la partition

Les deux erreurs possibles ne coûtent pas la même chose. Une note oubliée coûte quelques secondes, le temps de la retrouver. Un nom faux ne coûte rien sur le moment. Il passe sans bruit, et comme la main trouve souvent la bonne touche malgré lui, rien ne sonne faux. Trois soirs de suite, et il s'installe à la place qu'aurait prise le bon. C'est pour cela que le contrôle compte autant que l'aide : l'erreur à chercher est celle qui ne se signale pas.

Vérifiez donc mesure par mesure, mais ne laissez rien de définitif sur la page. Un nom au crayon règle le problème d'aujourd'hui et supprime le test de demain : l'œil ira lire votre crayon avant la portée.

Se retester le lendemain

Reste la partie que presque tout le monde saute. Vous vérifiez la mesure, vous la renommez cinq minutes plus tard, tout tombe juste, et vous en restez là. Ce contrôle ne prouve rien : la réponse est encore chaude, vous la récitez de mémoire en croyant la lire. Personne n'a appris l'orthographe en relisant le corrigé cinq secondes après avoir rendu la copie.

Demain.

Le vrai test, c'est le même passage, page nue, à la séance suivante. Si le nom a glissé entre-temps, ce n'est pas un verdict sur vous ; l'oubli a ses raisons, et aucune ne vous vise personnellement. Une habitude suffit : avant le morceau du jour, reprenez les deux ou trois notes dont vous aviez douté hier.

Choisir une source à laquelle se fier

Tout repose sur un point : la source doit en savoir plus que vous, sinon vous confirmez ce que vous croyiez déjà. Prenez celle qui est là.

Il y a Notalune, sur votre propre partition. Un feu tricolore teinte chaque nom en vert, en orange ou en rouge, selon ce dont elle est sûre, et la note qu'elle n'a pas su lire reste vide au lieu de recevoir un nom approximatif ; le contrôle reste honnête, là où une source qui bouche ses trous vous plante dans la tête l'erreur même que vous étiez venu chercher.

Il y a le professeur, si vous en avez un. Tenez la liste des notes qui vous ont fait hésiter dans la semaine ; deux minutes en début d'heure les liquident toutes.

Et il y a le calcul depuis un repère connu, qui ne demande rien à personne. Vous repartez d'une note dont vous êtes sûr et vous comptez les degrés jusqu'à celle que vous cherchez. C'est lent. Mais il ne dépend de personne, il est là tous les soirs, et compter de cette façon est déjà de la lecture : la vérification vous fait avancer pendant qu'elle vous rassure. Il faut pour cela deux ou trois notes tenues pour sûres, rien de plus.

À la fin d'une séance, on se demande si tout est tombé juste. Seul, la question n'a pas de réponse. Celle qui en a une : saviez-vous lesquelles il fallait vérifier ? À celle-là vous pouvez répondre seul, et le progrès se lit là, le soir où vous avez eu besoin de la source un peu moins qu'hier.


Écrit par l'auteur de Notalune, l'application iOS faite pour qu'un nom oublié n'arrête plus la séance en plein milieu d'une mesure : vous photographiez vos propres partitions et les noms apparaissent sur les notes. Elle dit aussi à quel point elle est sûre de chaque nom, ce qui est le minimum pour qu'une vérification faite seul veuille dire quelque chose. Quand elle hésite, elle préfère laisser la note vide plutôt que deviner, et vous masquez tous les noms en une touche quand vous voulez lire sans aide. D'autres guides dans la rubrique Apprendre · questions : support@notalune.com.